Ensemble Vocal de Saint François Xavier

Charles Gounod : Gallia

Gallia est un oratorio de Charles Gounod composé en 1871 lors de son deuxième séjour en Angleterre sur la demande de l'administration de l'Exposition Internationale. L'œuvre est une sorte d'élégie biblique inspirée des Lamentations de Jérémie.

Charles Gounod a composé cette Lamentation parce que la situation de Paris ressemblait à celle de l’ancienne Jérusalem. "L'idée m'est venue, écrit Gounod, de représenter la France telle qu'elle était... outragée, insultée, violée par l'insolence et la brutalité de son ennemi."

Par la suite, le compositeur a lui-même écrit et adapté le texte français ci-dessous.

Version francaise de Charles Gounod

1° Introduction et chœur

La voilà seule, vide, la Cité Reine des Cités.

Ses enfants pleurent nuit et jour, dans ses murs désolés.

Reine, Flambeau du monde ! Aujourd’hui délaissée ;

L’ombre dérobe sa honte !

Un fleuve de larmes inonde son visage !

Pas un ne la console, pas un parmi ceux qu’elle aime.

Les nations l’oublient et l’abandonnent,

et la voilà vide, solitaire.

2° Cantilène

Ses tribus plaintives à ses Temples saints ne viennent plus chanter leurs cantiques.

Ses remparts ne sont que décombres !

Ses lévites tremblent, gémissent !

Sur les fronts vierges plus de fleurs ! Son âme se plonge dans sa douleur sans fin : de sa tristesse le poids l’oppresse !

Les larmes brûlent ses yeux !

3° Solo et Chœur

Ô mes frères qui passez sur la route ! Voyez mes pleurs, ma misère ! Dites s’il est des larmes auprès de mes larmes.

Grâce, Dieu vengeur ! pour tes enfants sans armes !

Contre l’insolent vainqueur, arme ton bras !

4° Finale

Jérusalem ! Jérusalem !

Reviens vers le Seigneur, ton Dieu !

Paroles en latin

  1. Quomodo sedet sola civitas; plena populo, facta est quasi vidua. Domina gentium, princeps provinciarum, facta est sub tributo. Plorans ploravit in nocte, et lacrimae ejus in maxilis ejus: non est qui consoletur eam ex omnibus caris ejus: omnes amici ejus spreverunt eam, et facti sunt ei inimici.

  2. Viae Sion lugent eo quod non sint qui veniant ad solemnitatem: omnes portae ejus destructae: sacerdotes ejus gementes. Virgines ejus squalidae, et ipsa oppressa amaritudine.

  3. O vos omnes qui transitis per viam, attendite et videte si est dolor similis sicut dolor meus. Vide, Domine, afflictionem meam, quoniam erectus est inimicus.

  4. Jerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.

Traduction
  1. Elle est à l’écart, la ville qui comptait un peuple nombreux ! Elle se trouve comme veuve. Elle qui comptait parmi les nations, princesse parmi les provinces, Elle est bonne pour le bagne. Elle pleure et pleure dans la nuit, Des larmes sur ses joues ; Pour elle, pas de consolateur Parmi tous ses amants.Tous ses compagnons la trahissent : Ils deviennent ses ennemis.

  2. Les routes de Sion sont en deuil, Sans personne au rendez-vous ; Ses portes sont toutes ruinées, Ses prêtres gémissent.Ses jeunes filles sont affligées ; Et elle-même est submergée par l’amertume !

  3. O vous tous Qui passez par le chemin, Attendez et voyez S’il existe une douleur Semblable à la mienne. Vois, Seigneur, quelle est mon angoisse, Car l’ennemi s’est levé.

  4. Jérusalem, reviens vers le Seigneur, ton Seigneur Dieu !

Charles Gounod : Gallia

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